]Sanglots[

]Sanglots[ ♪
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Je suis une fois de plus tombée amoureuse d'une image...
Une image en habit de concert, chantant des airs nostalgiques et emplis d'une mélancolie de verre bleu et gris...

Et comme toujours, je me met à rêver plus qu'à vivre, je suffoque, tremble en réentendant cet air ; et pourtant je sais qu'ainsi je ne serai jamais heureuse.
Car je sais que l'image va s'éteindre, s'effacer en l'espace, éclater en milliers de petites étoiles temporelles, sans que je puisse la retenir et la sentir encore un peu près de moi...

Je serai vite déçue, comme je peux décevoir les autres : moi même je ne pourrai jamais être une, moi même je ne suis qu'une succession d'images que tous les matins mon miroir reflète, tantôt imparfaites, tantôt maladroites, toujours différentes, bien loin des innombrables rêves auxquels j'aimerais appartenir...

Alors je préfère me balader seule dans les nuages, et attendre avec impatience chaque soir pour pouvoir vivre loin, avec ceux que j'aime, bien loin aux tréfonds de mon imaginaire à la nostalgie indicible, ou sombrer dans le néant des oublis, loin des regrets, de tous mes beaux regrets...

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[...] C'est la chanson des rêveurs qui s'étaient arraché le coeur, et le portaient dans la main droite,
De ce coeur il coulait du sang et le rêveur allait, pensant à sa blessure délicate, et douloureuse,
Et nous disait : Mon pauvre coeur, mon coeur brisé, pareil au coeur de tous les hommes,
Est mort d'amour, ou c'est tout comme, est mort d'amour, et le voici,
Arrachez donc le vôtre aussi,
Laissons tout aux morts et cachons nos sanglots...
[...]

{Guillaume Appollinaire}

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# Posté le mercredi 08 octobre 2008 05:39

Modifié le jeudi 09 octobre 2008 08:56

]I'm an Errand Girl for Rythm[

]I'm an Errand Girl for Rythm[ ♪
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A la veille de mes 18 ans, faisons le point.

28 août 1993 :
"- Alors, tu veux être quoi quand tu seras plus grande ?
- Je veux être Léa. "

Ca c'était le terreau primaire de mon sale caractère.
Le béton armé, plutôt........ hem...

Et puis la musique et mes différents voyages on fait le reste.

J'ai un peu pris de l'exubérance baroque, de l'esprit cartésien du style classique, l'amour du fantastique des Romantiques et leur profonde mélancolie, et puis le cynisme de M. Erik Satie.
S'est très tôt greffée la féérie des compositions de M. Ravel, l'esprit décalé de M. Saint-Saens et de sa danse macabre, parfois à la limite du torturé quand je croise Nikita Koshkin.
Un peu du médiéval nouveau de M. Milhaud.
Et pour clore le tableau, l'impertinence de ce très cher Francis Poulenc...

Et puis là dessus, j'ai saupoudré beaucoup de jazz, en espérant un peu me rapprocher du temps où je demeure et qui n'est peut-être pas le mien....
Oui Titziano, comme tu le dis, je suis complètement anachronique, mais j'aime ma montre à gousset.
Et puis on a la classe, ou pas. Voilà. *tire la langue*

J'ai les yeux bruns, la peau toujours trop blanche, et puis les cheveux très longs.
Dans mon dos, j'ai deux ailes ni blanches, ni noires, d'une jolie couleur cendres.

Malgré mon désenchantement, je rêve encore beaucoup.



Et puis j'aime pas les sabliers. C'est que le temps m'encombre.


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# Posté le mardi 12 août 2008 12:12

Modifié le mercredi 13 août 2008 05:25

]Stella by starlight[ ou

]Stella by starlight[ ♪ ou ♪
( . . . )

Voilà la fin des vacances qui approche, et toujours aucun debriefing de fait...
Et même si je n'ai pas de temps à perdre, j'ai décidé de m'engouffrer quelques minutes sur la toile, entre deux morceaux...

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Fin juin, j'ai eu une sorte de crise d'angoisse, quelque chose qui s'apparentait à une allergie à l'entropie.
J'ai pris mon courage à deux mains et j'ai vidé tous les documents de ma chambre comme pour tout ranger dans ma tête.
Alors je me suis sentie mieux mais je n'ai pas réussi à déccrocher du rythme de l'année.
Je suis partie à deux stages d'affilée, et jusqu'à la fin du mois de juillet, j'ai joué des heures à ne plus avoir que des lambeaux de peaux et de corne sur les doigts.
Et la fatigue m'a rattrapé, mais je dois continuer encore et toujours pour mon concours d'entrée en L2 d'interprète, qui me fera gagner plusieurs années d'un seul coup.
Je Dois y arriver.

____________________ ( . . . )

Pour le moment j'ai réalisé mes paris, mis les épreuves de musico, direction de choeur, guitare et musique d'ensemble au tapis, ce qui n'a pas été pour me déplaire.
Cette année j'ai trouvé la petite étoile du nord qu'il me fallait. Pas un "mec", non, je me rend compte que ça m'a toujours plus donné de problèmes qu'autre chose...
Ceci n'est pas un loisir, c'est une sorte de chemin de croix, de sacerdote, sans être une religion.
C'est tout simplement donner son être à Madame la Musique.
Et même si j'ai des fois l'impression de me transformer en bonne soeur pour le simple besoin de jouer mes heures minimum syndicales de guitare tous les jours, j'ai le sentiment que ça m'apporte beaucoup plus que la plupart des choses que j'ai pu faire dans ma vie.
J'ai enfin l'impression de faire quelque chose d'utile.

( . . . )

Le temps est calme.
J'
ai droit à de douces vacances, si l'on fait abstraction des différents familiaux.
Je
ne sais par où commencer.
Le
bruit grillonnant du soir ?
L'o
deur des lavandes qu'on froisse entre les doigts, ou le goût des framboises et des groseilles à maquereaux acidulées qui éclatent dans la bouche ?
L
a multitude d'infimes perles de rosée coincées dans le velours blanc des tiges de la grande bourrache, avec ses fleurs en étoiles bleu électrique...
On
se prélasse à l'ombre des gigantesques épicéas qui protègent l'entrée de leur majesté bienveillante, et on sirote des chocolats glacés sur la terrasse du torréfacteur.
Et
toujours, deux ou trois souvenirs reviennent, fatômes aimables et parfois inquiétants...


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# Posté le mardi 17 juin 2008 11:32

Modifié le mardi 12 août 2008 15:16

]That Old Feeling[

]That Old Feeling[ ♪
A un songe perdu.

Tu te souviens ? Tu te souviens de la douceur de l'air, de ce paysage de landes qui se déroulait devant nos yeux de lune ? Le grain de nos mains douces comme les cendres fines de livres de poèmes oubliés.
J'aurais aimé être un songe. Le vampire me poursuit toujours et ses immenses yeux de givre me pourchassent. Il revient toujours au moment où je n'y pense plus. A vrai dire, j'ai presque peur d'oublier ce petit conte maudit qui s'est gravé au fil du temps au plus profond de moi.

--Non, je n'ai rien vécu.
--------Rien ou si peu.
--------Heureusement.




Pourquoi ai-je ce sentiment d'être en lambeaux ?
Sorte de trésor sombre, malédiction que j'ai bien voulu garder.
Et tout ce qui vit en moi semble souffler à mon oreille :
"Ne l'oublie pas, ne l'oublie pas où tu t'oublieras toi même..."

# Posté le lundi 28 avril 2008 08:31

Modifié le lundi 12 mai 2008 08:03

]On the sunny side of the street...[

]On the sunny side of the street...[ ♪


C'est bon d'être chez soi et de sentir le soleil passer son bras par la fenêtre.

Appolinai
re m'a intoxiqué de cette prase.
Et Poulenc
l'a gravée en musique...

Le dos dans les pâquerettes, la joue contre l'herbe encore humide du jardin.
Un
bouquin dans une main, et l'autre comme pare-soleil : la vie sourit.

J'
ai pas vu grand monde, comme je l'avais prédit.
Deux trois écureuils assez tarrés pour venir dire bonjour sur le coin de la fenêtre, une noix entre les pattes, agitant gracieusement le feu follet de leur appendice quodal en guise de salut amical.
Et
puis toi, "l'ami de toujours", je dis de toujours
parc
e que tu es peut-être bien l'un des plus anciens avec qui je n'aie pas rompu le contact.
P
arce qu'en définitive, toujours ne représente pas grand chose à mes yeux.
Bo
uger ça oblige à voyager léger.



Laisse tes souvenirs à la benne à ordures, prends tes partitions et ta guitare, quelques boites remplies de rêves, de plantes médicinales et de magie, deux trois photos pour ne pas tout oublier, tes chères peluches qui remplacent avantageusement la compagnie humaine, par leur mutisme forcené, leur douceur, leur regard toujours tendre malgré toutes les défauts de l'exigence enfantine.

O
h cette délicieuse blessure qui s'ouvre à chaque fois que je reviens, que je pose ma tête contre le sol de moquette de ma chambre verte, et que j'expire toute la vitesse vertigineuse de cette vie parisienne.
Vivre
la tête dans le guidon présente des avantages incontestables ; on est plus vraiment soi-même, juste une image en béton armé, qui ne pense qu'en terme de travail accompli. Et sans rire : j'aime ça. Pas de questions, pas de douleur. L'âme - je veux parler de la vraie partie, des morceaux tendres si facilement brisables et si difficilement recollables - sommeille. Et elle est bien douce, cette hibernation.

*Reste dans ta
coquille de gel. Ne respire plus. Plonge.*



_________________________________________ Et pendant ce temps là, tu n'oses même plus poser ton regard sur moi.
_________________________________________ Toi, l'autre. Mais je n'ai pas besoin de ce regard tendre.
_________________________________________ Mon coeur est trop vide pour qu'on puisse le remplir, tu le sais.
_________________________________________ Alors, par pitié, arrête de te sentir gêné, imbécile.
_________________________________________ La culpabilité te va mal. Souris.

# Posté le vendredi 25 avril 2008 14:42

Modifié le lundi 12 mai 2008 08:00